Entretien avec Ruben Abadagan, membre de la cellule de communication du candidat Alassane Soumanou

Entretien avec Ruben Abadagan, membre de la cellule de communication du candidat Alassane Soumanou

Dans le cadre de l’initiative sur l’élection présidentielle au Bénin, WATHI est allé à la rencontre de Ruben Abadagan, membre de la cellule de communication du parti Force Cauris pour un Bénin émergent et coordonnateur adjoint de campagne dans la 6ème circonscription électorale. Dans cet entretien, il évoque les raisons de la candidature d’Alassane Soumanou et son projet de société.

Qu’est ce qui fonde la candidature du duo Soumanou-Hounkpè à cette élection  présidentielle ?

Pour le duo Soumanou-Hounkpè, le diagnostic des cinq dernières années est alarmant. Ce sont d’anciens ministres qui ont laissé le pouvoir à Patrice Talon en 2016. Durant leur présence au gouvernement, ils ont œuvré pour les valeurs démocratiques et l’amélioration du bien-être des Béninois. Aujourd’hui, ils ont constaté que le tissu social est fragmenté. Le mouvement syndical est bloqué. Le droit de grève a été vidé de son essence. On l’a carrément retiré aux enseignants. Les difficultés sont là.

Le candidat de la FCBE a l’expérience nécessaire pour conduire le pays vers des lendemains meilleurs

Tout le monde les vit au quotidien. C’est donc pour ne pas laisser la situation perdurer trop longtemps, que le duo de la Force Cauris pour un Bénin émergent va à la conquête du pouvoir.   Un parti politique existe pour conquérir le pouvoir et l’exercer dans le sens bien évidemment du développement.

Le candidat de la FCBE a l’expérience nécessaire pour conduire le pays vers des lendemains meilleurs.  Ce sont deux grands hommes d’État qui ont décidé en toute connaissance de cause, de solliciter les suffrages de leurs compatriotes.

 

Quelle appréciation faites-vous des dernières réformes institutionnelles de 2018 notamment l’instauration du parrainage ?  

Les dernières réformes constitutionnelles ont manqué de prendre en compte les aspirations de toute la classe politique. Des partis politiques ne sont pas aujourd’hui dans la course à cause de cela. C’est notre volonté de respecter d’abord les textes de la République qui nous a permis d’obtenir notre ticket présidentiel mais on ne peut nier aujourd’hui, qu’au Bénin, les lois favorisent plus certains que d’autres. Quoi qu’on dise, on sent, même si c’est en filigrane, une volonté d’écarter des formations politiques.

Le Bénin va recouvrer sa pleine liberté démocratique si nous remportons les élections. C’est la première promesse que le parti FCBE fait aux Béninois

Le Bénin va recouvrer sa pleine liberté démocratique si nous remportons les élections. C’est la première promesse que le parti FCBE fait aux Béninois. Sur la question de la prorogation du mandat du chef de l’État, nous disons, qu’on ne peut pas courir après 45 jours de prorogation et compromettre la chance d’avoir un mandat de cinq ans. Nous sommes concentrés sur notre objectif de rendre l’alternance possible au sommet de l’État.

Nous avons vu ce qui s’est passé en 2019. Pour définitivement finir avec les tensions politiques que traverse le pays actuellement, il faut faire partir Patrice Talon dans les urnes. L’opposition peut gagner la présidentielle si elle travaille ensemble sur la mobilisation des électeurs le 11 avril.

 

Quelles sont les mesures phares de votre programme dans le domaine de l’éducation, de la santé et de l’emploi des jeunes ?

Nous n’avons rien proposé sans le peuple. L’Homme est au centre de toutes nos préoccupations contrairement à Patrice Talon. Aujourd’hui, la gratuité de la Césarienne n’est plus une réalité dans nos hôpitaux. Même la gratuité de la scolarité des filles n’est plus ce qui était prévu au départ.

Les micro-crédits aux plus pauvres et bonnes dames de nos marchés n’ont pas sensiblement augmenté. Nous proposons donc de renforcer le panier de la ménagère pour améliorer les conditions de vie des populations.  Il y a également la loi sur l’embauche qui suscite beaucoup d’indignation. Cette loi a précarisé l’emploi. Elle donne des envies de suicide aux candidats à l’emploi salarié. La sécurité de l’emploi doit redevenir la règle. Un emploi qui ne vous met pas en confiance, ne vous extirpe pas de la pauvreté n’est pas un travail.

 

  • L’éducation

Nous proposons de :

  • Revoir le système d’inscription des étudiants dans les universités du Bénin;
  • Repenser le système d’allocations universitaires ;
  • Revoir la gestion des œuvres universitaires ;
  • Décentraliser les services de la Direction des bourses et secours universitaires (DBSU) ;
  • Restaurer les élections des doyens et vice-doyens par leurs pairs dans les facultés ;
  • Élargir les offres de formation continue ;
  • Proposer de nouvelles filières pour répondre aux besoins du développement ;
  • Financer la recherche universitaire ;
  • Réhabiliter les Écoles normales des instituteurs ;
  • Créer des lycées techniques.

 

  • La santé

Nous proposons ce qui suit :

  • Mettre en place une politique adéquate de prise en charge des dialysés ;
  • Intensifier la lutte inclusive et efficace contre les maladies (COVID-19, paludisme, VIH/Sida…) en collaboration avec les organismes internationaux ;
  • Renforcer le système de santé en vue de permettre aux couches vulnérables, un accès universel solidaire et équitable aux soins adéquats ;
  • Réduire la mortalité des femmes en couche et infantile ;
  • Prendre en charge les personnes du 3ème âge ;
  • Responsabiliser et motiver tous les acteurs de la santé pour leur professionnalisme et dévouement ;
  • Renforcer la formation des spécialistes et la gestion axée sur les résultats dans les formations sanitaires ;

 

  • L’emploi des jeunes

Nous proposons de :

  • Créer des conditions d’auto-emploi pour des activités privées des jeunes ;
  • Redynamiser le Fonds national de promotion de l’entreprise et de l’emploi des jeunes et l’Agence nationale pour l’emploi par la mise en place d’un fonds d’accompagnement ;
  • Réorganiser le volontariat ;
  • Renforcer et centraliser les formations en entreprenariat et leadership ;

 

  • La décentralisation

Nous proposons de :

  • Impliquer les citoyens dans le processus de la décentralisation ;
  • Assurer une bonne gestion des ressources aux communes ;
  • Relire les textes de loi de la décentralisation ;
  • Renforcer les capacités locales de gestion des élus locaux et des administrations communales ;
  • Mettre en œuvre les documents de politique et de stratégie ;
  • Promouvoir un partenariat État-communes-sociétés civiles et l’intercommunalité.

 

Quelles seront les trois priorités de votre gouvernement dans le domaine de la gouvernance et des institutions ?  

Le thème de notre projet de société est le consensus. Nous pensons que faire du consensus, une obligation morale, nous permettra d’éviter les crises socio-politiques. Nous prônons donc une gouvernance consensuelle et surtout la séparation des pouvoirs. Chaque institution doit jouer de façon indépendante son rôle sans que l’exécutif n’influence par exemple l’action de la justice.

L’exécutif ne doit pas contrôler également la totalité du parlement comme c’est le cas actuellement. Nous prônons par ailleurs une démocratie participative

L’exécutif ne doit pas contrôler également la totalité du parlement comme c’est le cas actuellement. Nous prônons par ailleurs une démocratie participative. D’un côté, les institutions de contre-pouvoirs qui jouent efficacement leur rôle et de l’autre, le gouvernement qui travaille à relever les défis de développement et accepte d’être contrôlé par l’Assemblée nationale dans le respect du droit.

 

Quel regard portez-vous sur le contexte sécuritaire en Afrique et plus spécifiquement dans la région Afrique de l’Ouest ? Quelles solutions préconisez-vous ?

Le problème est extrêmement sérieux. Face à l’expansion des groupes djihadistes, nous proposons de mettre en place une force de défense et de sécurité sous régionale financée par un fonds commun. Elle viendra en appui aux initiatives locales de protection des territoires. Ensemble on est plus fort.

Si les pays d’Afrique subsaharienne et leurs partenaires décident de collaborer dans la sincérité notamment sur les questions de rengrènements, la réaction sera plus efficace. C’est notre position.

 

Quelle sera votre politique de promotion de la participation des femmes ?

Il faut permettre à la femme de retrouver sa dignité. Sous patrice Talon, il y a eu trop de saupoudrage en matière de promotion des femmes. Aujourd’hui, le constat est là. Nous promettons plus de femmes à l’Assemblé nationale et au gouvernement.

La gratuité de la scolarité aux cours primaire et secondaire pour les filles sera une réalité

La gratuité de la scolarité aux cours primaire et secondaire pour les filles sera une réalité. En Afrique, la femme investit beaucoup dans l’éducation des enfants. Lui créer les conditions d’avoir plus de revenus permet indirectement de maintenir les filles à l’école. La FCBE fera revenir le social en faveur des femmes et leur promet les premiers rôles dans les formations politiques.

 

Quel engagement prenez-vous pour un processus électoral apaisé ?

Le parti FCBE qui a toujours œuvré pour le respect des textes de la République est dans une attitude pacifiste. Nous demandons aux Béninois de ne jamais boycotter ce vote. Conformément aux lois de la République, nous avons le devoir civique de ne pas opter pour la violence. Patrice Talon en 2016 a accédé au pourvoir par les urnes en battant le candidat de la FCBE. C’est la même chose que nous proposons aujourd’hui : lui prendre le pouvoir dans les urnes. Quelqu’un qui aime son pays, ne peut jamais opter pour le vandalisme et le chaos dans nos villes. L’expression du suffrage fait partie des fondamentaux de la République. Nous sommes appelés aux urnes le 11 avril 2021. C’est une occasion unique de changer les choses. Ne gâchons pas cette opportunité.


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