Atlantique

Atlantique

L’Atlantique est un département situé au Sud du Bénin. Ce département a une superficie de 3233 km². L ‘océan Atlantique forme la limite Sud du département qui est limité à l’Ouest par le département du Mono. Le lac Ahémé, le fleuve Couffo et le fleuve Aho constituent les limites naturelles de ses frontières. Au Nord, le département de l’Atlantique est limité par le département du Zou.

Cette frontière se situe au niveau géographique des villages de Sèhouè, Kpomè et Djigbé et passe par la dépression de la Lama. A l’Est, il est limité par le département de l’Ouémé. La frontière passe au milieu de la vallée de l’Ouémé et traverse le lac Nokoué pour rejoindre la côte à la limite du département du Littoral.

SITUATION GEOGRAPHIQUE

Le département de l’Atlantique est essentiellement marqué par un climat subéquatorial caractérisé par deux saisons sèches et deux saisons des pluies. La campagne agricole débute avec la grande saison des pluies au mois de mars et prend fin en juillet. Ensuite, vient la petite saison sèche qui s’étend d’août jusqu’à la mi-septembre. Elle est suivie de la petite saison pluvieuse de mi-septembre jusqu’au début décembre. Enfin, la grande saison sèche s’étend du début décembre jusqu’au mois de mars.

La partie centrale du département est formée par un plateau de terre de barre qui descend vers les vallées de l’Ouémé, du Couffo et de la dépression de la Lama. Avec deux saisons de pluie par an, cette région offre d’immenses possibilités agricoles. On y pratique les cultures vivrières, les fruitiers, le palmier à huile. La forte densité de la population qui caractérise cette sous-région et la pression exercée par la proximité des grands centres urbains de la côte constituent des débouchés certains pour l’écoulement des produits agricoles.

La pluviométrie moyenne annuelle est voisine de 1 200 mm, dont 700 à 800 mm pour la première saison pluvieuse et 400 à 500 mm pour la seconde saison des pluies. On note une diminution du niveau des précipitations du Nord vers le Sud et de l’Est vers l’Ouest. Les températures moyennes mensuelles varient entre 27 et 31 degrés centigrades. Les écarts entre le mois le plus chaud et le mois le moins chaud ne dépassent pas 3,2 degrés dans la zone sud, alors que cette variation se situe à 3,8 degrés pour le nord du département.

Les mois de février à avril sont les mois les plus chauds et les mois de juillet à septembre sont les mois les plus frais. Le département de l’Atlantique dispose d’un réseau hydrographique assez important. Parmi les fleuves on peut citer notamment le Couffo, qui parcourt le département sur près de 50 km et qui se jette dans le lac Ahémé. Le Couffo est sujet à de fortes crues qui atteignent leur point culminant pendant la deuxième saison pluvieuse[1].    

ASPECT DEMOGRAPHIQUE

La population du département de l’Atlantique en 2002 était de 801 683 habitants dont 412 561 femmes et 389 122 hommes. Elle est passée à 1 398 229 habitants selon le dernier recensement de 2013. La densité de population de cette entité territoriale est passée de 248 habitants au km² en 2002 à 432 habitants au km² en 2013. Cette densité varie considérablement à l’intérieur du département entre 164 habitants au Km² dans la commune de Zè à 1218 habitants au Km² dans celle d’Abomey-Calavi.

Le rapport de masculinité y est passé de 94,3 hommes pour 100 femmes en 2002 à 96,5 hommes pour 100 femmes en 2013. Six communes sur les huit (8) que compte le département ont franchi la barre des 100 000 habitants au recensement de 2013, il s’agit de : Abomey-Calavi (656 358 habitants), Allada (127 512 habitants), Ouidah (162 034 habitants), So-Ava (118 547 habitants), Toffo (101 585 habitants) et Zè (106 913 habitants)[2].

Les ethnies dominantes selon le poids démographique sont les Aîzo (32,6%) et les Fon (28,9%). La présence remarquable des Adja dans ce département établit leur poids démographique à 5,3% de la population du département[3].

ACTIVITES ECONOMIQUES

Les activités économiques dominantes sont le commerce (32%) et l’agriculture (30%). Dans le département de l’Atlantique comme partout ailleurs au Bénin, les paysans continuent de pratiquer l’agriculture sur brûlis avec des outils rudimentaires tels que la houe, le coupe-coupe, la hache etc… Malgré une politique de mécanisation mise en œuvre par le gouvernement. Ceci limite la production qui sert essentiellement à la subsistance des populations rurales.

Les cultures vivrières dominent les activités agricoles. Le maïs et le manioc, base de l’alimentation des populations du département, viennent largement en tête. Plus de 80% des superficies emblavées sont consacrées à ces deux cultures. L’arachide vient en tête de liste des cultures oléagineuses annuelles. Les cultures maraîchères se développent pour satisfaire les besoins des centres urbains ; il s’agit de la tomate et des légumes feuilles. Il en est de même des plantations d’arbres. On note actuellement un début de modernisation dans les modes de production.

L’élevage est très peu développé, peu organisé et constitue une activité secondaire pour quelques individus. Les principales espèces animales élevées sont les bovins, les ovins, les caprins, les porcins et les volailles. En ce qui concerne les porcins, on constate un certain engouement pour leur consommation ces dernières années. Mais l’offre ne satisfait pas encore la demande. Les élevages non conventionnels (lapins, escargots, aulacodes) se développent et constituent une forme de diversification de la production animale.

La pêche est relativement développée grâce aux nombreux plans et cours d’eau et mobilise beaucoup de personnes, des nationaux comme des étrangers. La pêche se pratique sous plusieurs formes : pêche continentale (elle s’opère dans les cours d’eau et les étangs piscicoles à l’aide des filets et des acadjas), pêche maritime artisanale et pêche maritime industrielle. Les communes les plus concernées sont celles d’Abomey-Calavi, de Sô-Ava, de Ouidah et de Kpomassè. La pêche constitue une activité économique importante mais mal contrôlée. Le département de l’Atlantique participe àla production totale de la pêche en République du Bénin.

C’est cette production qui ravitaille le marché intérieur en poissons. En matière de ressources minières, on note des traces de gisement de pétrole dans la région d’Allada et d’Abomey-Calavi, de phosphate et de gravier à Toffo. Le département de l’Atlantique abrite une industrie de production d’huile de palme à Hinvi et une industrie de production d’eau minérale à Tori-Bossito. Les activités d’artisanat sont assez diversifiées et se développent surtout à Abomey-Calavi, Ouidah et Allada. Quant aux activités commerciales, elles sont orientées aussi bien vers la consommation intérieure que vers l’importation et l’exportation. Elles sont menées dans des marchés d’importance locale.

Monographie départementale_ Mission de spatialisation des cibles prioritaires des ODD au Bénin_ 20199L’Atlantique offre d’énormes possibilités touristiques. Les plages pittoresques, les villages lacustres de Ganvié, Sô-zounko et Houédo-Gbadji dans la commune de Sô-Ava et le musée historique de Ouidah attirent chaque année des milliers de touristes[4].

ASPECTS SOCIO-CULTURELS

Le patrimoine culturel du département de l’Atlantique au Bénin est diversifié et est à découvrir dans plusieurs villes du département. La Ouidah, autrefois également appelée Juda, est une ville du Bénin, située à 42 kilomètres de Cotonou. Sa population est actuellement d’environ 60 000 habitants. Cette ville a été au xviiie siècle un des principaux centres de vente et d’embarquement d’esclaves dans le cadre de la traite occidentale[5].

La ville de Ouidah est aussi marquée par la présence du Temple de Pythons. Situé face à la Basilique de Ouidah, le Temple des Pythons est le lieu d’adoration de la divinité Python. L’histoire raconte que le premier prête de la Basilique de Ouidah avait pour objectif d’affronter la religion vaudou et de l’éradiqué. Il est décédé le jour même de son arrivée. Le prête qui le remplaça décida de composer avec la religion vaudou.

C’est ainsi qu’il venait prier dans le Temple des Pythons[6]. Plusieurs types de pythons sont à découvrir. On en distingue (2) deux types : Le Pythons royal qui est inoffensif, qui ne mort pas et n’a pas de venin; Le Pythons de Xweda qui est le boa dont on doit vraiment faire attention. Dans ce temple, nous sommes uniquement en présence de pythons royal. On nomme Dagbe Kpohoun, le python mâle et Dagbe Dre, le python femelle qui est plus gros[7].

En dehors de Ouidah l’on peut visiter Ganvié qui est un village lacustre du sud du Bénin, situé sur le lac Nokoué au nord de la métropole de Cotonou. Surnommé « la Venise de l’Afrique », il regroupe quelques milliers de cases en bois, érigées sur des pilotis et compte aujourd’hui environ 30 000 habitants qui vivent principalement de la pêche, mais de plus en plus aussi du tourisme. Le développement touristique du lac a commencé sous l’égide des habitants et avec l’aide de quelques ONG (aménagement de l’embarcadère pour les balades en pirogue, magasins de souvenirs, artisanat, guides, cafés, etc.). Ganvié est aujourd’hui la plus importante cité lacustre de l’Afrique de l’Ouest[8].

ORGANISATION ADMINISTRATIVE

Autrefois, le département de l’Atlantique s’étendait de Cotonou jusqu’à la lisière de Sèhouè. Aujourd’hui, avec le nouvel découpage issu de la réforme de l’Administration Territoriale, ce Département a connu un dédoublement. Ainsi, nous avons désormais le Département du Littoral qui s’étend de la Côte du Littoral jusqu’à Godomey-Carrefour et le Département de l’Atlantique qui s’étend de Godomey à la lisière de Sèhouè.

Cependant, ce découpage jusqu’à l’arrivée du président Patrice Talon en 2016 n’était pas suivi d’effet. Les autorités politiques et traditionnelles des différentes localités concernées réclamaient chacun à son niveau le statut de chef-lieu pour sa commune. Les départements étaient alors conjointement dirigés par une seule Administration Territoriale. Le décret portant nomination des nouveaux chefs-lieux dans les mois qui ont suivi l’élection du président a permis de combler les insuffisances dans l’administration et la gestion des territoires.

Ainsi, l’organigramme des unités administratives dans le département de l’Atlantique se présente comme suit :

Commune d’Allada (Chef-lieu) : Superficie : 381km2 ; 12 arrondissements ; 112 villages.

Commune de Kpomassè : Superficie : 305 km2 ; 09 arrondissements ; 76 villages.

Commune de Ouidah : Superficie : 364km2 ;  10 arrondissements ; 77 villages et quartiers de ville.

Commune de Toffo Superficie : 492km2 ;  10 arrondissements ; 76 villages.

Commune de Tori-Bossito : Superficie : 328km2 ;  06 arrondissements ; 58 villages.

Commune d’Abomey-Calavi : Superficie : 539 km2 ; 09 arrondissements  149 villages.

Commune de So-Ava : Superficie : 209km2 ;  07 arrondissements  69 villages.

Commune de Zè : Superficie : 653km2 ;  11 arrondissements  101 villages.

Le département de l’Atlantique compte ainsi 74 arrondissements pour 718 villages et quartiers de ville.


[1] Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique, Cahier des villages et quartiers de ville du département de l’Atlantique (RGPH-4, 2013), 2016, p. 3

[2] Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique, Cahier des villages et quartiers de ville du département de l’Atlantique (RGPH-4, 2013), 2016, pp. 4-5

[3] Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique, Caractéristiques socioculturelles et Economiques, Tome 3, 2003, p. 21

[4] Ministère d’Etat chargé du Plan et du Développement, Spatialisation des cibles prioritaires des ODD au Bénin: Monographie des communes des départements de l’Atlantique et du Littoral, Note synthèse sur l’actualisation du diagnostic et la priorisation des cibles des communes, pp. 8-9

[5] https://e-patrimoinesafricains.org/patrimoinesafricains/site/ouidah/

[6] Voir « Le temple des Pythons de Ouidah », https://originalfoundblog.com/2017/03/04/le-temple-des-pythons-de-ouidah/

[7] Ibidem.

[8] https://e-patrimoinesafricains.org/patrimoinesafricains/site/ouidah/