Atacora

Atacora

Célèbre pour sa chaîne de montagnes, ses chutes d’eau, ses ethnies et ses tata somba, l’Atacora est un riche département du nord-ouest du Bénin qui offre aux visiteurs de belles rencontres et un panel de sites naturels. Bien modeste comparativement à l’Afrique dont la superficie s’étend sur 30 415 873 km2 !, la chaîne de l’Atacora occupe pourtant une large partie du territoire togolais avec 600 kilomètres de long, 50 de large et 986 mètres d’altitude.

Situation géographique

Le département de l’Atacora est limité au Nord par la République du Burkina-Faso, au Sud par le département de la Donga, à l’Est par les départements de l’Alibori et du Borgou et enfin à l’Ouest par la République du Togo. Avec une superficie totale de 20 499 km2 , l’Atacora est le troisième département par son étendue, après l’Alibori (26 242 km2 ) et le Borgou (25 856 km2 ). Outre le Burkina-Faso et le Togo, l’Atacora offre au Bénin l’ouverture sur d’autres pays de la sous-région ouest-africaine tel que le Mali[1]. Ce facteur influence beaucoup les systèmes d’offres et de demandes des produits alimentaires dans le département.[2]

La chaîne de l’Atacora avec 700 mètres d’altitude en moyenne, dont le sommet se situe à Boukoumbé (835m), représente le château d’eau d’où coulent les grands fleuves du Bénin et du Togo (Ouémé, Mono, Mékrou, Pendjari et Oti, Kérou ou Kouamongou…)[3]. Massif ancien surnommé le mont Agou marqué par l’érosion, la chaîne de l’Atacora offre au Togo, mais aussi au Ghana et au Bénin voisins, des paysages verdoyants. Ce trait physique explique non seulement le caractère très accidenté du relief, mais aussi l’insuffisance des terres cultivables qui de surcroît, dégradées par l’érosion, les rendent infertiles et inaptes aux cultures.

Le réseau hydrographique est dominé par deux principaux fleuves : la Pendjari (135 km) et le Mékrou (410 km) avec leurs affluents qui baignent la plupart des communes à l’exception de Cobly et Toucountouna. Dans l’ensemble du département, 36 retenues d’eau ont été aménagées pour favoriser la maîtrise de l’eau et le développement des cultures irriguées. Le climat du département de l’Atacora est en général du type soudanien à deux saisons : la saison pluvieuse de juin à octobre et la saison sèche de novembre à mai. De remarquables décalages saisonniers s’observent selon qu’on évolue de Cobly vers Péhunco ; il s’agit de la précocité des pluies dans la partie Est du département par rapport à l’Ouest.

Jusqu’à présent, la régularité de l’harmattan s’observe (novembre à février) en se faisant plus remarquer en décembre[4]. Dans les localités de l’Est (Kérou, Kouandé et Péhunco), on rencontre une savane parsemée de quelques arbres de karité et de néré. Elle devient plus claire lorsqu’on évolue vers l’Ouest exceptée la réserve de la Pendjari, les forêts classées de l’Alibori supérieur dans Kérou et celles de Kouandé qui apportent une nuance à ce constat.

On rencontre trois types de sol dans le département de l’Atacora : des sols ferrugineux du type tropical par endroits avec une couche arable assez suffisante pour les cultures annuelles ; des sols de type ferralitique surtout dans les régions montagneuses de Matéri et Tanguiéta ; des sols hydromorphes légers, localisés surtout dans les pénéplaines ou dans les bas-fonds[5]. Cette variation des sols permet de l’Est vers l’Ouest, la culture des tubercules et des plantes à racine (igname, manioc et patate douce), des céréales (mil, maïs, fonio, sorgho) et des légumineuses (haricot et voandzou).

Situation démographique

Le troisième Recensement de la Population et de l’Habitat de février 2002, a dénombré dans le département de l’Atacora 549 417 habitants avec une densité de 26,8 habitants au km2 . Les femmes représentent 50,76% de la population totale du département. On compte 97,0 hommes pour 100 femmes. La population rurale est de 342 413 habitants soit 62,3% contre 207 004 habitants en milieu urbain. Les ethnies dominantes sont les Batonu suivis des Berba à partir du Centre jusqu’à l’Ouest et les Waama. Quant aux Peulhs (9,8 %), ils se rencontrent dans l’ensemble du département, mais de façon moins remarquable dans les communes de Boukoumbé, Cobly et Matéri. Les populations de l’Atacora pratiquent majoritairement la religion traditionnelle, l’islam (7,9%), le catholicisme (5,9%) 17,5% de la population ne pratiquent aucune religion.

La couverture sanitaire des villages en termes de présence d’infrastructures sanitaires est mal assurée. En effet, pour 384 villages que compte le département, on a dénombré 21 dispensaires, 27 maternités et 40 complexes de santé de l’Arrondissement. L’accès à l’eau potable semble poser encore d’énormes difficultés aux populations. A peine un arrondissement sur deux du département dispose d’adduction d’eau et forages publics. Sur le plan des infrastructures scolaires, on note 369 écoles primaires, 10 collèges à 1er cycle et 2 à 2ème cycle.

Aspects économiques

Le département de l’Atacora consacre ses efforts surtout dans les activités agricoles (74% des actifs du département y sont employés)[6]. Grâce à la ténacité et au courage répétés des populations rurales, le département est considéré comme le grenier du pays en sorgho et riz ; ce qui permet à Kouandé, Natitingou et autres centres, de servir de lieu de rencontres intertribales et d’échange de produits agricoles et artisanaux très variés. Le commerce constitue ainsi 16 % des activités économiques du département.[7]

Les attraits touristiques de l’Atacora sont célèbres dans la sous-région. Le panorama et l’habitat (« Tata somba », villages Tanéka, site panoramique de Koussoucoingou), le paysage montagneux (grotte sacrée des Tanéka, plaine de Boukombé, les cascades de Tanongou et de Kota…) et les zones cynégétiques de Porga et de l’Atacora, le parc national de la Pendjari offrent de pittoresques tableaux aux touristes. L’activité industrielle est inexistante dans le département.

Organisation administrative

Situé dans la partie septentrionale à l’extrême Ouest du Bénin, le département de l’Atacora compte une dizaine de communes selon la loi n° 2013-05 du 27 mai 2013 modifiée et complétée par la loi n° 2015-01 portant création, organisation, attributions et fonctionnement des unités administratives locales en République du Bénin.  La carte des unités administratives de la commune se présente comme suit :

Natitingou (Chef-lieu du Département), Superficie : 3045 Km2, 08 arrondissements, 76 villages et quartiers de ville.

Kérou : Superficie : 3745 Km2, 04 arrondissements, 43 villages et quartiers de ville.

Kouandé : Superficie : 4500 Km2, 06 arrondissements, 72 villages et quartiers de ville.

Péhunco : Superficie : , 03 arrondissements, 35 villages et quartiers de ville.

Cobly : Superficie : 825 Km2, 04 arrondissements, 34 villages et quartiers de ville.

Boukoumbé : Superficie : 1036 Km2, 07 arrondissements, 93 villages et quartiers de ville.

Matéri : Superficie : 4800 Km2, 06 arrondissements, 77 villages et quartiers de ville.

Toucountouna : Superficie : 1600 Km2, 03 arrondissements, 30 villages et quartiers de ville.

Tanguiéta : Superficie : 5456 Km2, 04 arrondissements, 59 villages et quartiers de ville.

Au total, la région compte 09 communes, 45 arrondissements et 517 villages et quartiers de ville.


[1] Département Atacora, Bénin – DB-City : Toutes les infos sur les Pays, Régions, Villes et Villages (db-city.com)

[2] INSAE, RGPH3, Cartographie Censitaire, Novembre 2001 3.

[3] Bénin: Voyage Atacora et circuits sur mesure | Evaneos

[4] INSAE, RGPH2, (Février 1992), Fichiers villages, Novembre 1994 2.

[5] INSAE, RGPH3, (Février 2002), Résultats Définitifs, Décembre 2003 4.

[6] MDR, ECVR, Novembre 2001

[7] K. ADAM & M. BOKO, Le Bénin, Edicef, Paris 1983.