Alibori

Alibori

L’Alibori, tient son nom d’un affluent de la rive droite du Niger. Il est limité à l’Est par la République fédérale du Nigéria, au Nord par le Burkina Faso et le Niger, au Sud par le département du Borgou dont il a été détaché en 1999 pour devenir un département à part entière et à l’Ouest par le département de l’Atacora. Situé entre 11°19′ de latitude Nord et 2°55′ de longitude Est, l’Alibori est un département du Nord-Est Bénin.

Situation géographique

De par son étendue, l’Alibori s’étend sur deux zones agro-écologiques : la zone de l’Extrême, la zone cotonnière du Nord Bénin. Le climat dans la zone évolue du type soudanien dans sa partie Sud vers le type soudano-sahélien dans sa partie Nord, communes de Karimama et de Malanville. Elle ne connaît qu’une seule saison de pluie qui dure entre 5 à 6 mois avec une pluviosité oscillant entre 700 mm et 1 200 mm. Cette pluviométrie donne naissance à deux types de végétation : Une savane arbustive clairsemée, dominée par des épineux dont l’Acacia seyal et l’Acacia siebenona au Nord et une savane arborée herbeuse fortement dégradée au Sud.

On y trouve des arbres d’intérêt socio-économique comme Parkia biglobosa (néré) Butyrospermun paradoxa (karité) et Adansonia digitata (baobab) qui sont des essences protégées. Les galeries forestières longent les cours d’eau, les vallons. Ces forêts sont peuplées d’essences telles que le caïlcédrat (Khaya Senegalensis), le faux acajou (khaya grandifolia), et le lingué (Afzélia africana). Le relief est dans son ensemble formé de plateaux parfois modelés dans une série sédimentaire du crétacé ou de plateaux couronnés de buttes cuirassées qui descendent vers le fleuve Niger et de collines de grès ferrugineux. Les cours d’eau qu’on y trouve sont principalement les affluents du côté Béninois du fleuve Niger. Il s’agit de l’Alibori, du Mékrou et de la Sota.

On y rencontre trois types dominants de sols : les sols ferrugineux sur socle cristallin ; les sols alluviaux très fertiles de la vallée du Niger ; les sols argileux, limoneux noirs de bas-fonds, marécages et forêts-galeries très fertiles et où se font la riziculture, le maraîchage et la culture de l’igname. Les atouts touristiques sont fournis par le parc W du Niger et doublés de la zone cynégétique de la Djona où l’on peut chasser et photographier une faune variée pendant la saison touristique.

Organisation administrative

Avec ses 6 communes composées de 39 arrondissements, le département de l’Alibori compte depuis 2013, 395 villages et quartiers de ville. Il dispose de 3 zones sanitaires, 49 centres de santé, 37 dispensaires et 2 maternités. L’accès à l’eau potable semble poser encore d’énormes difficultés aux populations. A peine 40% de ménages ont accès à l’eau potable selon le RGPH4. Sur le plan des infrastructures scolaires, on note un effort important. Presque tous les villages et quartiers de ville disposent d’une école primaire et des collèges à 1er cycle et à 2ème cycle sont présents dans beaucoup d’arrondissements. Ce département du bénin compte six (6) communes qui sont les suivantes :

Banikoara : Superficie : 4383 Km2, 09 arrondissements, 112 villages et quartiers de ville.

Gogounou : Superficie : 4910 Km2, 06 arrondissements, 66 villages.

Kandi : La commune de Kandi est le chef-lieu du département. Superficie : 3421 Km2, 10 arrondissements et  82 villages et quartiers de ville.

Karimama : Superficie : 6102 Km2, 05 arrondissements et 37 villages.

Malanville : Superficie : 3016 Km2, 05 arrondissements et 58 villages et quartiers de ville.

Segbana : Superficie : 4700 Km2,  04 arrondissements, 40 villages.

Structure démographique

La population de l’Alibori est de 868 046 habitants (2013), sa densité de 33 hab /km2, sa superficie de 2 624 200 ha soit 26 242 km2. Elle est essentiellement composée de Bariba, de Peuhl et de Dendi réaprtis sur 395 villages et quartiers de ville. L’Alibori (4,61%) fait partie après l’Atlantique (5,05%) et le Borgou (4,68%), des trois départements ayant connu de forts taux d’accroissement entre 2002 et 2013.

Il est en tête des quatre départements de la partie septentrionale (Alibori, Borgou, Atacora et Donga) qui couvrent près des trois quarts de la superficie du pays. La population du département de l’Alibori dénombrée au RGPH4 de mai 2013 est de 867 463 habitants contre 521 093 habitants au RGPH4 de février 2002. Au cours des deux premiers recensements de 1979 et 1992, la population de ce département était respectivement de 213 078 habitants et de 355 950 habitants.

Avec des taux d’accroissement de 4,03 entre 1979 et 1992 ; 3,88 entre 1992 et 2002 et 4,61 entre 2002 et 2013, on se rend aisément compte que c’est un département à fort taux de croissance, les taux au niveau national étant respectivement de 3,04 ; 3,25 et 3,52. Au RGPH4, on compte dans l’Alibori 98,9 hommes pour 100 femmes alors qu’on en comptait 99,3 pour 100 femmes au RGPH3. Fort de ses 867 463 habitants, l’Alibori a un poids démographique de 8,7% (contre 7,7% au recensement de 2002).

Avec une superficie de 26 242 km², il affiche une densité de 33 habitants au km², ce qui fait de ce département l’un des moins peuplés, la densité au niveau national étant de 87 habitants au km2 . Le nombre de communes de plus de 100 000 habitants est passé de deux (2) en 2002 à quatre (4) en 2013 ; il s’agit de : Banikoara (246 575), Gogounou (117 523), Kandi (179 290) et Malanville (168 641). Environ 14% de la population agricole béninoise s’occupent de l’agriculture dans ce département avec 74 693 ménages agricoles sur 108 351 ménages, ce qui lui confère le caractère de grenier du Bénin. Les ethnies couramment rencontrées sont : les Bariba et apparentés 37,1%, les Peulh ou Peul dans une proportion de 26,5% ; les Dendi et apparentés 20,1%. Du point de vue de la pratique religieuse, l’Islam vient en tête avec 81,3% de population, suivi du Catholicisme (8,6%).

Aspects Socio-économiques

Le département compte, 74 693 ménages agricoles dont seulement 4 070 sont dirigés par des femmes[1]. L’Agriculture, la Pêche et la Chasse sont est pratiquées à plus de 75%. Depuis plusieurs années, l’Alibori offre à la production cotonnière son rendement le plus élevé à travers entre autres la commune de Banikoara en tête de classement.[2] Cette position n’empêche pas la production céréalière et autres légumineuses de trouver sa place.

Les produits les plus cultivés durant la campagne agricole 2012-2013 sont le maïs,  le sorgho, le mil, le fonio et le riz. En 2015, la Commune de Malanville en tête produit à elle seule,  27% de la production rizicole nationale[3].

Au plan local, la commune de Banikoara détient le plus grand effectif de ménages agricoles (18 443), tandis que Karimama se classe en dernière position avec 7 768 ménages agricoles. 92,8% des ménages agricoles exercent dans le domaine végétal. La production animale est le deuxième domaine agricole dans le département avec la commune de Sègbana qui enregistre la forte proportion du département (9,4%). Sur les treize (13) produits du Programme de Relance du Secteur Agricole (PRSA), les cultures céréalières (62,0%) et les cultures de rente (30,0%) viennent en tête en termes de production des ménages agricoles du département. Les mêmes tendances s’observent dans les communes.

L’équipement traditionnel et l’attelage est le type d’équipement le plus utilisé par les ménages (40,1%). La commune de Karimama est celle qui utilise le plus ce type d’équipement avec un pourcentage de 71,5%. L’utilisation des équipements traditionnels uniquement est aussi non négligeable. En effet, 38,4% des ménages utilisent les équipements traditionnels avec la commune de Ségbana qui enregistre la plus forte proportion (54,2%). La mécanisation de l’agriculture est presque absente dans le département. Moins d’un pour cent des ménages la pratique.

Pour rappel, au Bénin, le secteur agricole occupe environ 70% de la population active, contribue pour près de 33% au PIB, fournit environ 75% des recettes d’exportation et 15% des recettes de l’Etat. Ce secteur se caractérise par une faible productivité liée à l’utilisation des outils traditionnels et un faible taux d’adoption de semences améliorées, à la non maîtrise de l’eau, à la mauvaise organisation des filières, à l’insuffisance de l’encadrement technique, à l’insuffisance d’infrastructures, au faible financement des activités de production et à la faible prise en compte du genre dans les politiques de développement.

Dans le domaine de l’élevage, la commune de Banikoara occupe le premier rang en tête de bovins. En ce qui concerne le secteur halieutique, seulement 0,3% des ménages agricoles y sont enregistrés. Quant à la branche d’activité commerce, restauration et hébergement, les communes de Malanville (10,8%) et de Kandi (8,3%) sont celles dans lesquelles elle est plus dominante.

L’indice de la pauvreté humaine (IPH) est plus élevé dans la commune de Karimama (60,1%) et plus faible dans la commune de Kandi (52,8%). Quelle que soit la forme de la pauvreté, la commune de Karimama est plus touchée alors que la commune Kandi s’affiche comme la moins pauvre du département.[4] Un impact sur l’apprentissage scolaire. Les résultats au plan national font ressortir que 27% des enfants de 6-14 ans n’ont jamais été scolarisés (exclusion strcite). C’est dans l’Alibori que cette situation est plus accentuée (65%).[5]

Parmi les centres commerciaux les plus réputés du département, il y a le marché international de Malanville. L’offre touristique est dense avec le parc national du « W »,  une réserve de biosphère transfrontalière par excellence, partagée entre le Bénin, le Niger et le Burkina-Faso.


[1] Etude sur la capitalisation des acquis des projets de renforcement du Leadership politique Féminin, Rapport Général, Octobre 2019.

[2] Microsoft Word – DSEE2020DT02-MonographieFiliereCotonauBenin_20201025_Finale (insae.bj)

[3] plan-strategique-de-developpement-du-secteur-agricole-psdsapniasan.2025pdf

[4] Schéma national d’aménagement du territoire (Agenda spatial du Bénin, 2017)

[5] couverture INSAE.indd