Les Béninois approuvent la gratuité de l’éducation mais préfèrent la qualité, Afrobaromètre, 2018

Les Béninois approuvent la gratuité de l’éducation mais préfèrent la qualité,  Afrobaromètre, 2018

Les Wathinotes sont des extraits de publications choisies par WATHI et conformes aux documents originaux. Les rapports utilisés pour l’élaboration des Wathinotes sont sélectionnés par WATHI compte tenu de leur pertinence par rapport au contexte du pays. Toutes les Wathinotes renvoient aux publications originales et intégrales qui ne sont pas hébergées par le site de WATHI, et sont destinées à promouvoir la lecture de ces documents, fruit du travail de recherche d’universitaires et d’experts.

Auteur : Horace Gninafon

Organisation affiliée : Afrobaromètre

Type de publication : Dépêche

Date de publication : 2018

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L’accès à une éducation de qualité pour tous constitue une préoccupation fondamentale compte tenu du rôle important joué par l’éducation dans le développement d’une nation. Le Bénin à partir de 2006 a mis en œuvre certaines politiques pouvant favoriser l’accès à l’éducation.

Ainsi, les gouvernements ayant succédé à la tête du pays ont décrété, en 2006, gratuite les frais d’inscriptions pour tous les enfants du cours primaire et par la suite, en 2010, la gratuité des frais d’inscription pour les filles de la classe de sixième, et en 2013, cette politique a été généralisée pour les filles jusqu’en classe de troisième.

En vue de mieux appréhender l’importance de ces politiques aux yeux des citoyens, Afrobaromètre a inclut certaines questions pertinentes dans ses enquêtes nationales de 2014 et 2017.

Les réponses indiquent que la majorité des Béninois sont d’avis que la politique de gratuité des frais d’inscription favorise la scolarisation des enfants et leur succès. Pour eux, cette politique est importante pour promouvoir l’accès à l’éducation des filles, et devrait être étendue au niveau universitaire.

Cependant, les Béninois préfèrent une éducation de qualité même s’ils doivent payer les frais de scolarité. L’enquête Afrobaromètre Afrobaromètre est un réseau de recherche panafricain et non-partisan qui mène des enquêtes d’opinion publique sur la démocratie, la gouvernance, les conditions économiques, et d’autres questions connexes dans plus de 30 pays en Afrique.

 L’équipe Afrobaromètre au Bénin, dirigée par l’Institut de Recherche Empirique en Économie Politique (IREEP), a interviewé 1.200 adultes béninois en décembre 2016 et janvier 2017. Un échantillon de cette taille donne des résultats avec une marge d’erreur de +/- 3% à un niveau de confiance de 95%

Six séries d’enquêtes ont été réalisées entre 1999 et 2015, et les enquêtes du Round 7 sont actuellement en cours (2016/2018). Afrobaromètre mène des entretiens face-à-face dans la langue du répondant avec des échantillons représentatifs à l’échelle nationale.

L’équipe Afrobaromètre au Bénin, dirigée par l’Institut de Recherche Empirique en Économie Politique (IREEP), a interviewé 1.200 adultes béninois en décembre 2016 et janvier 2017. Un échantillon de cette taille donne des résultats avec une marge d’erreur de +/- 3% à un niveau de confiance de 95%.

Des enquêtes précédentes ont été menées au Bénin en 2005, 2008, 2011, et 2014. Résultats clés ▪ Près de sept Béninois sur 10 (67%) affirment que la politique de gratuité des frais d’inscription dans l’enseignement primaire favorise la scolarisation des élèves et leur succès.

▪ Dans le même temps, la grande majorité des citoyens (83%) déclarent que la politique de gratuité des frais d’inscription est importante pour promouvoir l’éducation des filles jusqu’en classe de troisième.

▪ Deux-tiers (65%) des Béninois souhaitent que la politique de gratuité des frais d’inscriptions soit étendue au niveau universitaire.

▪ La quasi-totalité des Béninois (94%) affirment que les filles et les garçons ont aujourd’hui les mêmes chances d’aller à l’école.

▪ La grande majorité (83%) des répondants pensent qu’il est préférable d’élever le niveau de l’éducation, même si la population doit payer des frais scolaires, au lieu d’accepter une scolarisation qui est gratuite mais de faible qualité.

▪ Selon les Béninois, les premiers responsables des mauvais résultats enregistrés aux examens nationaux sont les enseignants/directeurs.

▪ La majorité (56%) des Béninois qualifient de « plutôt bien » ou « très bien » la performance du gouvernement dans la satisfaction des besoins en éducation, mais cette approbation s’est affaiblie depuis 2008.

Gratuité de l’éducation et ses conséquences

La majorité des Béninois (67%) affirment être « d’accord » ou « tout à fait d’accord » que la politique de gratuité des frais d’inscription dans l’enseignement primaire favorise la scolarité des élèves et leur succès (Figure 1).

Cette proportion diminue lorsque le niveau d’instruction des répondants augmente (71% pour ceux n’ayant aucun niveau d’instruction contre 56% pour ceux ayant un niveau post-secondaire). Egalement, les hommes (64%) sont moins nombreux à soutenir cette opinion que les femmes (70%) (Figure 2).

L’augmentation des effectifs dans les salles de classe est, selon les Béninois, la conséquence la plus importante liée à la gratuité de l’éducation, cité par 31% des répondants (jusqu’à deux réponses par personne) (Figure 3).

Parmi d’autres conséquences, ils évoquent une plus forte présence des filles à l’école (17%). Cependant, d’autres affirment que la gratuité des frais d’inscription dans l’enseignement primaire a pour conséquence l’augmentation des frais de souscription ou autres frais annexes (22%), une mauvaise performance des élèves (19%), ou une détérioration de la qualité de l’enseignement (16%).

Question posée aux répondants: Pour chacune des affirmations suivantes relatives à la politique de gratuité des frais d’inscription dans le système éducatif au Bénin, veuillez me dire si vous êtes en désaccord ou d’accord, ou n’en avez-vous pas assez entendu pour vous exprimer? La politique de gratuité des frais d’inscription est importante pour promouvoir l’éducation des filles jusqu’en classe de troisième?

L’analyse des résultats en fonction du niveau de pauvreté vécue1 indique que les citoyens ayant vécue la pauvreté élevée (81%), modérée (85%), ou basse (83%) sont plus enclins d’exprimer l’importance de la politique de gratuité des frais d’inscription dans la promotion de l’éducation des filles que ceux n’ayant pas été affecté par la pauvreté vécue (70%) (Figure 5).

Nous n’observons pas de différence majeure selon le sexe ou le niveau d’instruction des répondants. Compte tenu du fait que la religion est considérée comme l’un des facteurs déterminants de la scolarisation, nous nous sommes intéressés à voir comment les perceptions varient d’une religion à une autre. Ainsi, les Musulmans (88%) sont plus susceptibles d’affirmer l’importance de cette politique que ceux pratiquant le Christianisme (83%) ou autres religions (79%).