Rapport d’étude sur les impacts des changements climatiques et avancées en matière d’adaptation : cas du bassin de Tèwi dans la commune de Dassa-Zoumè au Bénin, Réseau Action Climat, 2015

Rapport d’étude sur les impacts des changements climatiques et avancées en matière d’adaptation : cas du bassin de Tèwi dans la commune de Dassa-Zoumè au Bénin, Réseau Action Climat, 2015

Les Wathinotes sont des extraits de publications choisies par WATHI et conformes aux documents originaux. Les rapports utilisés pour l’élaboration des Wathinotes sont sélectionnés par WATHI compte tenu de leur pertinence par rapport au contexte du pays. Toutes les Wathinotes renvoient aux publications originales et intégrales qui ne sont pas hébergées par le site de WATHI, et sont destinées à promouvoir la lecture de ces documents, fruit du travail de recherche d’universitaires et d’experts.

Auteur : Réseau Action Climat

Date de publication : 2015

Type de publication : Rapport

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Caractéristiques climatiques du Bénin

Le climat global du Bénin, comme pour tous les pays de l’Afrique de l’Ouest, est modulé par les migrations oscillatoires Sud-Nord de deux masses d’air:

  1. la masse d’air océanique (Alizé du Sud-Ouest) communément appelée Mousson de l’Afrique de l’Ouest et qui souffle de l’océan Atlantique vers le continent;
  2. la masse d’air continentale sèche et froide (Alizé du Nord-Est encore appelé Harmattan) qui souffle du Nord-Est depuis le Sahara vers l’océan.

Trois centres d’action (anticyclones des Açores, anticyclone de Sainte-Hélène et anticyclone de Lybie) commandent ces deux masses d’air. Leur zone de contact appelée «Zone de Convergence InterTropicale (ZCIT)» et dont la trace au sol est le Front InterTropical (FIT), fluctue vers le nord ou le sud, ce qui implique une saisonnalité climatique et module les régimes de précipitation.

Le sud du Bénin est dominé par le régime de mousson où le climat est du type subéquatorial. Il est caractérisé par deux saisons pluvieuses (une grande de mars-avril à juillet puis une petite de septembre à novembre) et deux saisons sèches (une petite qui s’étend sur juillet-août et une grande de décembre à mars). La pluviométrie annuelle présente dans cette région un gradient Ouest-Est passant, en moyenne, de 950 mm à Grand-Popo (à l’Ouest) à 1500 mm à Kétou (à l’Est).

La région centrale du pays est marquée par un régime de transition où la nuance entre les deux saisons pluvieuses tend à disparaître. La pluviométrie moyenne annuelle varie entre 1000 mm et 1200 mm.

Quant au nord, il est caractérisé par la succession dans l’année d’une saison pluvieuse d’avril-mai à octobre et d’une saison sèche de novembre à mars marquée par le régime d’Harmattan (vent sec soufflant du Sahara sur l’Afrique de l’Ouest). La pluviométrie moyenne annuelle varie entre 700 mm dans la région de Malanville dans l’extrême nord à 1200 mm dans la région de Djougou au Nord-Ouest.

Globalement, de novembre à mars (grande saison sèche), l’ensemble du pays est caractérisé d’abord par un temps sec et frais avec du brouillard matinal et de la brume sèche (l’Harmattan), suivi par de fortes chaleurs. Le mois d’avril est le plus chaud et est marqué par une forte évaporation et des précipitations d’au moins 100 mm de la côte à la latitude de Savè au centre du pays.

Risques climatiques et impacts observés

Les risques climatiques majeurs relevés au Bénin sont la sécheresse, les inondations, le retard et la violence des pluies, la chaleur excessive, la violence des vents et enfin l’élévation du niveau de la mer. Les cartes ci-après présentent l’analyse spatiale de la vulnérabilité des différentes régions du pays par rapport aux risques d’inondation et de sécheresse.

La plupart des éléments et paramètres climatiques influencent les activités du secteur agricole par leurs variations. La variation qui pose le plus de problèmes aux producteurs du secteur, notamment ceux du sous-secteur de la production végétale, est la date de démarrage de la saison des pluies. Les opérations de préparation des terres et de semis sont conditionnées par la connaissance de cette date. En République du Bénin, les premières pluies utiles de l’année sont observées en mars-avril.

Jusqu’à la fin des années 1970, les services compétents du Ministère en charge de l’agriculture indiquaient aux agriculteurs les décades (périodes de dix jours) dans lesquelles les semences pouvaient être mises en terre dans toutes les régions du pays.

Les opérations de préparation des terres et de semis sont conditionnées par la connaissance de cette date. En République du Bénin, les premières pluies utiles de l’année sont observées en mars-avril.

La manifestation des changements climatiques la plus connue des agriculteurs du Bénin est le retard à l’installation des premières pluies de l’année. Durant la décennie 1971-1980 les précipitations moyennes de la 9e décade (troisième décade de mars) étaient supérieure à 10 mm partout dans le pays, sauf dans le Département de l’Alibori. Elles étaient suffisantes pour les opérations de semis de la plupart des cultures.

Les semences les plus exigeantes en eau pouvaient être mises en place jusqu’à la latitude 9°30’N (pluviométrie décadaire supérieure à 20 mm). Au cours des décennies suivantes, les pluies n’ont été suffisantes dans cette décade que pour quelques situations particulières. Dès lors, il est devenu difficile aux services compétents de recommander des dates de semis aux producteurs.

Projections climatiques aux horizons 2050 et 2100

Selon les projections climatiques et océanographiques, contenues dans la Deuxième Communication du Bénin sur les changements climatiques, des variations sont attendues aux horizons 2050-2100 sur un certain nombre de paramètres climatiques notamment la température et la pluviométrie. Elles seront marquées par une occurrence plus forte de certains phénomènes météorologiques extrêmes comme les inondations, les sécheresses, les fortes chaleurs et les vents violents.

Précipitations : des moyennes annuelles en hausse

Partout au Bénin, les projections indiquent plutôt une tendance à la hausse projetée . Au Nord, ces hausses seraient même significatives (+15% par rapport à la période 1970- 2000). Au Centre du pays, on noterait une tendance à la hausse des précipitations au mois d’avril jusqu’à la moitié du siècle, puis une légère diminution (pour revenir aux niveaux moyens de la période 1970-2000).

On note toutefois que les modèles climatiques peinent généralement à dégager les tendances à long terme de l’évolution des régimes pluviométriques, et ce d’autant plus dans un contexte initial de forte variabilité. Dans un tel contexte d’incertitude, certaines mesures liées à la maîtrise de l’eau dans les systèmes agricoles, permettent de limiter les risques liés à d’éventuelles poches de sécheresse ou de retard dans le démarrage de la saison des pluies.

Températures : un réchauffement important sans équivoque

Partout au Bénin, les scientifiques projettent une tendance à la forte hausse projetée. Elle s’élèverait jusqu’à +3° C (par rapport à la période 1970-2000) à l’horizon 2100 pour le Centre Bénin. Ce réchauffement aura un impact sur l’évapo-transpiration (et donc le cycle de l’eau et les rendements agricoles), mais aussi sur la santé des populations.

Dans un premier temps, une hausse modérée des températures pourrait avoir un impact modérément positif sur certaines cultures, en particulier le coton, et négatif sur les cultures nécessitant plus d’humidité, comme le maïs. Mais les projections n’ont été réalisées que jusqu’en 2025; il est fort probable que des hausses de température (+3°C) plus importantes n’auront plus que des impacts négatifs sur les rendements.